
Aaaah, la climatisation!
Depuis la fin de l'été, les articles se succèdent sur les fournisseurs et installateurs de climatisation qui croulent sous les demandes. Le marché explose, c'est l'aubaine. Certaines personnalités politiques se sont même emparées du sujet en la présentant comme une priorité en matière d'adaptation face au changement climatique. Un discours qui fait écho à la détresse populaire, mais qui semble bien dissonant quand on pense à la transition écologique, au coût de l'énergie, à la dépendance aux importations venant d'Asie, surtout à un moment les événements climatiques extrêmes s’intensifient, où les factures d’énergie explosent et où le transit des cargos est plus que jamais remis en question avec les conflits qui ont lieu dans des régions clés pour le commerce maritime.
Pour avoir vécu quelques années à Séville, dans le Sud de l’Espagne, dans des maisons équipées de climatiseurs muraux ou d’un système de climatisation centralisé, je peux vous en parler de manière objective et exhaustive. Avec des températures estivales dépassant régulièrement les 40°C, voir parfois même 45, pendant plusieurs semaines, il est évident qu’on était plutôt soulagé de pouvoir la mettre en marche pour se protéger de la chaleur ambiante. Dans ce pays très catholique, on se serait presque mis à prier qu’elle ne tombe pas en panne par moments. Surtout quand on a un enfant en bas âge et qu’on travaille chez soi !
Elle n’est pourtant pas sans inconvénients, et la liste n’est pas des plus courtes… Vous retrouverez à la fin de ce post un fichier PDF de synthèse qui vous présente l’essentiel à savoir sur le sujet. Et pour celles et ceux qui y réfléchissent, je vous livre ce qui m’a le plus marqué personnellement :
- Le bruit de fond dû au soufflage d’air auquel il faut s’habituer, aussi bien pour un appareil mural que pour un système centralisé. Quand on a le sommeil léger, c’est déjà une première étape à franchir.
- La sensation hétérogène de l’air : l’air frais est diffusé dans l’axe de sortie de l’appareil, ce qui tend à faire sentir le frais dans une zone restreinte, avec une différence qui se fait sentir rapidement quand on s’en éloigne.
- L’air est asséché et les poumons nous le font vite sentir. Il a fallu qu’on installe un humidificateur dans la chambre de notre fils, qui a malgré tout souffert de bronchites et bronchiolites récurrentes en période estivale. On se sent vite pris dans un cercle vicieux quand la chaleur extrême domine et qu’on s’efforce de maintenir une température raisonnable pour son enfant. Nous-mêmes, en tant qu’adultes, on le ressentait aussi.
- Les maladies peuvent aussi provenir de l’entretien des filtres de ces systèmes, qui peuvent devenir des nids à bactéries, moisissures, acariens, etc. qui se retrouvent propulsés dans l’air ambiant. Accéder à ces filtres n’est pas forcément chose facile, et peut même être carrément galère avec un système centralisé installé dans un plafond suspendu. J’ai mis en pratique bon nombre de jurons espagnols en m’occupant du nettoyage de ces filtres !
- Dès qu’on arrête la climatisation, en estimant qu’il fait suffisamment frais ou qu’on ne supporte plus le bruit sourd et constant de la soufflante (même au réglage le plus bas), la fraîcheur disparaît à une vitesse qu’on ne soupçonnerait pas les premières fois. On réalise alors qu’il n’y a aucune inertie qui conserve la fraîcheur, surtout quand la chaleur de l’extérieur s’est déjà installée dans les murs. La surface peut sembler fraîche, mais cela dure très peu de temps.
- Et les factures d’électricité… cela date d’une dizaine d’années, mais elles étaient déjà douloureuses à partir du moment où la climatisation devenait nécessaire. Comme avec une pompe à chaleur pour le chauffage, plus la différence de température est importante entre l’air extérieur et la température souhaitée à l’intérieur, plus le système consomme de l’énergie. Ses performances de refroidissement chutent également quand l’écart est trop grand, ce qui amène le compresseur à tourner à plein régime, jusqu’à un point à partir duquel il risque de se mettre en sécurité.
Voilà en gros pour le vécu en tant que locataires avec des équipements déjà installés. On n’est pas au bout de la liste, mais vous retrouverez l'essentiel dans la synthèse que j'ai préparée.
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Crédit photo d'en-tête : Alexandre Lecocq - Unsplash
